1975, ma première rencontre avec le monde « Psy », en seconde année de médecine à l’Université de Bobigny. Faut-il le rappeler, cette Université était dirigée par le Doyen Cornillot, grand innovateur à l’époque. Chaque étudiant reçu en seconde année, devait choisir un stage pratique optionnel. Venu en retard lors du choix en fonction de la place obtenue au concours de première année, il ne me restait plus que deux seules possibilités : dissection anatomique ou dynamique de groupe. Sans hésiter, je choisis la seconde.   La première séance fut mémorable. Le psychiatre arriva et se présenta en deux mots : son nom et l’hôpital dans lequel il exerçait. Puis, il se tut pendant une heure au bout de laquelle il nous salua et nous dit à la semaine prochaine. La trentaine de participants n’avait pas prononcé un seul mot durant cette toute heure. A la sortie, de gros points d’interrogation flottaient au-dessus de toutes les têtes et de nombreux éclats de rire de décharge envahissaient la salle… Ce fut ainsi pendant une année universitaire ! Personnellement, j’étais ravi.

1976, en troisième année de médecine, nous avions des entretiens particuliers avec des médecins généralistes venant exposer leur expérience clinique. Certains d’entre suivaient des ateliers Balint.   Ensuite, pas la moindre allusion à la psychosomatique durant tout le reste de mes études médicales.

1982, congres d’homéopathie de Luchon les bains. Mentionné par le Dr Guermonprez de Lille, j’entendais prononcer pour la première fois le nom de W. G. GRODDECK, décrit comme étant le père de la médecine psychosomatique. Je fus fasciné par cette intervention et marqué à tout jamais. Je me procure « Le livre du ça » et le dévore. De plus, dans ma pratique de médecin homéopathe, je voyais bien que le côté écoute du patient prenait une place prépondérante, parfois majeure. Mes consultations duraient 45 minutes au minimum, loin des 10 minutes de la consultation standard de la Sécurité Sociale.

1992, en ce début d’année, je m’inscrivais à une formation continue en médecine générale, concernant le thème du SIDA en général et de la prise en charge des patients et leur suivi thérapeutique. Une femme médecin anesthésiste animait ces trois jours. Elle abordait la maladie de manière classique, médicale pure d’un côté. Et, de l’autre, un grand volet psychique nous était révélé. En effet, l’accompagnement psychologique occupait une place importante dans cette pathologie. Inévitablement, le côté psychosomatique était plus qu’évoqué. Fort de cette expérience, je décidais d’aller un peu plus loin dans ce sens en m’inscrivant à une formation beaucoup plus complète, soldée par un diplôme d’université.   Entre temps, je recevais le catalogue des formations proposées par la Faculté de Montpellier. Une autre formation retenait toute mon attention : Médecine psychosomatique et thérapies de relaxation, en trois ans. Après quelques péripéties concernant le changement d’inscription et après un entretien avec le médecin responsable de la nouvelle formation, en septembre 1992, je pus intégrer la première année de médecine psychosomatique, uniquement réservée aux médecins et aux psychologues. Nous étions une vingtaine de praticiens et ces trois années furent mémorables à plus d’un titre.   D’une part, nous formions un groupe assez disparate mais très soudé avec beaucoup de solidarité psychique. Au delà de notre intérêt pour la médecine psychosomatique, pour la plupart, nous étions également au début de notre démarche personnelle. De plus, mon domicile servait souvent de refuge pour nos retrouvailles et nos repas où chacun apportait une spécialité de sa région. Cette amitié s’est prolongée quelques années après notre formation et nous nous retrouvions tous les ans dans le Sud, le temps d’une fin de semaine.   Notre formation était dirigée par Mme Eliane Ferragut, anesthésiste, psychiatre et psychanalyste et plusieurs intervenants animaient les différents ateliers proposés. J’ai beaucoup appris pendant ces trois années et mon intérêt pour la psychosomatique s’amplifiait progressivement à tel point que je décidai d’animer assez rapidement des groupes de relaxation et d’inclure, tout aussi rapidement, la relaxation lors de mes consultations qui s’apparentaient davantage à des psychothérapies.   La formation en elle-même alternait les cours théoriques sur tout le domaine psy en général et les ateliers pratiques et didactiques en relaxation, en sophrologie, en dynamique de groupe, entre autres.

1995, en juin, diplôme de médecine psychosomatique et thérapies de relaxation. Ensuite, nous était proposé de continuer la formation pour devenir, en trois ans, « Psychothérapeute à médiation corporelle d’inspiration psychanalytique ». La seule condition : suivre une psychanalyse en bonne et due forme. Pour ma part, j’étais entièrement partant. Il fallait simplement trouver un psychanalyste compétent, un psychanalyste qui avait de la bouteille. L’une de mes amies bien introduite dans le milieu psychanalyste montpelliérain, m’en conseilla un avec beaucoup de bouteille… comme mon père…   Les deux jours par mois de formation plus les trois séances de ¾ d’heure de psychanalyse par semaines me firent le plus grand bien à tous les points de vue. Jamais, je ne remercierai assez mon psychanalyste, la responsable de la formation et les différents intervenants, notamment ceux qui animèrent la seconde année entièrement consacrée à une thérapie de groupe : Mme Verjus (psychanalyste) et Jésus (bio-énergéticien) de Madrid. J’ai beaucoup appris pour ma pratique et surtout pour moi-même, renforçant l’idée d’un travail personnel nécessaire, voire obligatoire, pour tout praticien qui se respecte.

Juin 1996, je décide ainsi de ne plus exercer la médecine générale et demande à quitter le tableau de l’Ordre des Médecin de l’Hérault pour convenances personnelles. Entre temps, je décide également de renouer professionnellement avec ma seconde passion : la musique, le chant et la technique vocale (voir biographie musicale). A partir de septembre 1996, je seconde une amie, spécialiste de la voix chantée et, assez rapidement, nous créons une chorale. Parallèlement, je suis contacté par plusieurs responsables d’animation et je me vois propulsé Chef de chœur de plusieurs chorales. Enfin, je reçois également des personnes en recherche personnelle et développais ainsi une petite activité de psychothérapeute en mêlant quelquefois le chant. Un nouveau monde, plus tranquille et avec beaucoup moins de responsabilités et grâce auquel je gagnais enfin bien ma vie. Et oui, j’ai été un médecin smicard pendant toute ma carrière !

Septembre 1996, au même moment, un vieil ami me parle de Décodage Biologique et m’invite à assister à une conférence de présentation. J’y vais en trainant des pieds car j’avais quitté le monde de la thérapie pour me consacrer au monde du plaisir du chant et de la volupté. Ce fut un autre choc ! En effet, depuis le début des années 1990, j’effectuais des recherches afin de lier homéopathie, énergétique chinoise, astrologie médicale et médecine, en vain. Je m’en souviens, je consacrais des heures et des heures. Je remplissais de notes de nombreux cahiers, en vain. Un point me fascinait : le système nerveux végétatif (SNV). En effet, il était complètement négligé en médecine et toujours relégué au second plan, derrière le système nerveux moteurs, de vie de relation, plutôt conscient. J’avais une intuition : le SNV était l’un des éléments-clé de la psychosomatique puisque son fonctionnement était quasiment inconscient.   Or, dans cette conférence, le SNV prenait la place du Roi en cette psychosomatique appelée Décodage Biologique. Malheureusement, je ne pus m’inscrire à la formation proposée pour plusieurs raisons, financière et agenda notamment : une formation en psychosomatique classique, une psychanalyse et mes nouvelles activités devenaient incompatibles avec une vie de famille équilibrée. Par contre, rendez-vous était pris pour l’année suivante. Entre temps, je contactai d’autres thérapeutes déjà formés et nous nous réunissions assez régulièrement afin d’échanger nos points de vue. Année prolifique en échanges, en découverte de la Médecine Nouvelle de G. Hamer et de la Biologie Totale des Êtres Vivants de C. Sabbah.

Septembre 1997, premier contact avec Claude Sabbah et, comme de nombreuses personnes, je succombais à son charisme tout en gardant quand même un esprit critique. En cette année-là, il débuta ses premiers ateliers thérapeutiques et je fus l’un des étudiants des plus assidus : j’étais présent dès 9 h du matin et partais le dernier. Souvent, j’accompagnais Claude Sabbah pour partager un couscous bienvenu après toutes ces heures d’exploration biologique. J’ai énormément appris à ses côtés et je participais moi-même en tant que patient à l’atelier de Villeveyrac, près de Sète.  Mai 1998, consultation individuelle avec Claude Sabbah. Incroyable ! En quelques minutes, il met en évidence le fond même de toute ma problématique à travers l’interprétation de mon Projet Sens Gestationnel. Cette heure de consultation éclipsait tout simplement tout le travail psychanalytique effectué depuis plus de deux ans déjà en psychanalyse et depuis cinq ans en formation. Attention : je ne veux pas dire que tout ce travail était inutile, bien au contraire. Par contre, je me sentais davantage en affinité avec cette nouvelle manière de voir la psychosomatique.   Les conséquences furent assez simples : après quelques marchandages psychiques avec mon psychanalyste, je décidai de mettre fin à ma thérapie psychanalytique en fin juin 1998. Le même mois, je décidai également de mettre fin à ma formation de psychothérapeute à médiation corporelle et d’inspiration psychanalytique en annonçant que je ne reviendrai pas effectuer ma troisième et dernière année. Le problème : après mon départ, la majorité des étudiants de cette formation ont fait de même, au plus grand dam des responsables pédagogiques.   A partir de septembre 1998, je consacrais entièrement mon temps libre à la psychosomatique. Je repris ainsi tous mes cours de médecine et surtout de physiologie et de physiopathologie, les clés de la psychosomatique.

Septembre 1999, je m’installe comme psychothérapeute, psychosomaticien. Les cas cliniques affluèrent de toute part pour une raison bien simple : j’étais l’un des rares docteurs en médecine formé à cette nouvelle discipline dans le Sud. Je ne reçus donc que les cas les plus difficiles : cancer, métastases multiples, sclérose en plaques, maladies invalidantes chroniques avec, de temps en temps pour souffler, un eczéma, une simple douleur d’épaule, entre autres. Et déjà, je pris l’habitude d’écrire leur histoire en mettant en avant la relation entre la physiologie et la pathologie.   Ce fut aussi l’année des premiers grands questionnements. Et, oui ! J’accompagnais mes premiers patients vers le grand voyage (la mort), malgré toute une démarche thérapeutique assez complète. Il y eut aussi les premiers accrocs entre la théorie et la pratique. En effet, je connaissais assez bien la théorie de la Médecine Nouvelle et celle de la Biologie Totale mais, au niveau pratique, le fossé commençait à apparaître et à progressivement se creuser. Je me posais donc la question suivante : soit je n’y avais rien compris car trop intellectuel, soit il existait des zones d’ombre. La recherche clinique allait confirmer la seconde proposition. Depuis, je n’eus de cesse de chercher à mettre en évidence les arcanes de la psychosomatique en général pour les inclure dans ce qui allait devenir quelques années plus tard la Psychosomatique Clinique (voir la rubrique Psychosomatique Clinique).

Septembre 2000, publication de mon premier livre « Origines et prévention des maladies » et succès immédiat qui m’ouvrit les portes de la formation car certains praticiens désiraient être formés en Psychosomatique Clinique et ma carrière de formateur débuta sur des chapeaux de roue.   Par contre, d’autres personnes rejetèrent mes idées car j’osais parler et surtout j’osais mélanger l’inconscient, la psychologie freudienne et le Transgénérationnel avec la discipline biologique. Parmi eux, Claude Sabbah me demanda d’annoncer officiellement que tout mon travail était issu directement de ses recherches et de la Biologie Totale. Je ne pus lui répondre que ceci : Je veux bien dire simplement que j’ai découvert le monde de la biologie grâce à lui mais que ma formation aujourd’hui n’était que le résultat de nombreuses autres formations. Ce fut en janvier 2002 et je ne l’ai plus revu depuis, même si je garde une certaine affection et toujours une certaine admiration pour lui. Je pense à lui tous les ans à la Saint Barthélémy, le jour de son anniversaire.

Février 2002, rencontre avec Christian Flèche. Tout de suite, nos points de vue se confondaient, à la fois sur la théorie et sur la pratique. Nous eûmes pleinement conscience que toute la théorie devait absolument être revue et améliorée grâce à la recherche clinique. De plus, nos prédécesseurs n’avaient pas du tout prévu de pratique pour aider nos patients à trouver la ou les origines de leur problématique et, surtout, à la lâcher. J’ai beaucoup aimé nos réunions avec les autres formateurs. Les débats enflammés alternaient avec le plaisir de se retrouver. La revue Causes & Sens naquit ainsi en mai 2002.  Notre collaboration atteignit son apogée lorsque nous décidâmes d’organiser, avec Philippe Lévy et d’autres formateurs, le premier colloque de Décodage Biologique à Trimurti en 2005. Succès total et super ambiance de confraternité, d’échange et de passionnantes rencontres. Ensuite, nous organisâmes plusieurs séminaires, notamment les universités d’été en Ardèche. Ensuite, après le décès prématuré de Philippe Lévy en mars 2008, nos chemins s’éloignèrent progressivement jusqu’à ne plus se croiser depuis fin 2009.   Entre temps, il me proposa de l’aider à animer des formations en Espagne et mon attirance pour ce pays ne cessa d’augmenter.

Octobre 2012, premiers contacts très positifs avec l’Amérique Latine où je forme plusieurs thérapeutes dans divers pays : Argentine, Uruguay, Pérou, Colombie, Costa Rica, Guatemala et Mexique. Actuellement, je partage mon temps entre la France, l’Espagne et l’Amérique Latine et mes recherches cliniques se poursuivent et les publications se succèdent…